Pourquoi le repos ne suffit pas toujours à sortir d’un burnout

« Je dors davantage, pourtant je reste fatiguée. »« Je suis en arrêt depuis plusieurs semaines, mais je ne retrouve pas l’énergie que j’espérais. »« Je pensais qu’avec du repos tout rentrerait dans l’ordre… alors pourquoi est-ce si long ? »

Si vous traversez ou avez traversé un burnout, vous vous êtes peut-être posé l’une de ces questions.Elles sont parfaitement légitimes.Lorsqu’on se casse une jambe, on immobilise, on laisse le temps faire son travail, puis l’on reprend progressivement ses activités.

Alors pourquoi, après un burnout, le repos ne suffit-il pas toujours ?

Parce que le burnout ne touche pas uniquement le corps.Il touche aussi notre façon de penser, de ressentir, d’agir et parfois même notre façon de donner du sens à notre vie.Le repos est indispensable.Mais, à lui seul, il ne peut pas reconstruire tout ce qui s’est fragilisé au fil des années.

Pourquoi cela arrive ?

Lorsque l’on parle de burnout, on imagine souvent une immense fatigue.
Et cette fatigue est bien réelle.
Mais elle n’est que la partie visible de l’iceberg.
Pendant des mois, parfois des années, le corps a fonctionné au-delà de ses capacités.
Il a compensé, il a puisé dans ses réserves et il a ignoré les signaux d’alerte.

Jusqu’au jour où il n’a plus été capable de continuer.

Le repos permet alors au corps de récupérer progressivement.
Mais le burnout ne s’est pas construit uniquement dans le corps.
Il s’est aussi construit dans des habitudes profondément ancrées.

  • Continuer malgré la fatigue.
  • Vouloir être parfaite.
  • Faire passer les besoins des autres avant les siens.
  • Ne jamais demander d’aide.
  • Se sentir responsable de tout.

Ces comportements ne disparaissent malheureusement pas avec quelques semaines de repos.

Comment cela fonctionne ?

J’aime souvent comparer le burnout à un bateau qui prend l’eau.Au début, on écope, On enlève l’eau comme on peut. Puis on recommence, encore et encore.

C’est épuisant, mais le bateau continue malgré tout à avancer.

Le jour où survient le burnout, c’est comme si l’on n’avait plus la force d’écoper. Le bateau n’avance plus.

Ecoper est alors indispensable. Il permet de vider progressivement l’eau et d’éviter que le bateau ne sombre complètement.
Mais si une fissure est toujours présente dans la coque, l’eau continuera à entrer.
On pourra écoper encore et encore…
Le problème finira toujours par revenir.

Pour moi, le burnout fonctionne souvent de cette manière.
Le repos aide le corps à récupérer. Il est indispensable.
Mais il ne répare pas, à lui seul, tout ce qui a conduit progressivement à l’épuisement.
Au fil des années, nous avons parfois développé des façons de fonctionner qui nous demandent énormément d’énergie : vouloir être parfaite, faire passer les besoins des autres avant les siens, ne jamais demander d’aide, éviter les conflits, continuer malgré la fatigue ou croire que notre valeur dépend de ce que nous faisons pour les autres.

Ces comportements sont un peu comme cette fissure dans la coque.
Tant qu’ils restent présents, ils continuent à laisser entrer l’eau, souvent sans que nous nous en rendions compte.
C’est pourquoi la reconstruction ne consiste pas seulement à retrouver de l’énergie.
Elle consiste aussi à réparer progressivement cette coque… et à apprendre à naviguer autrement.
À reconnaître les premiers signes de fatigue.
À ralentir avant d’être à bout.
À poser des limites.
À demander de l’aide lorsque c’est nécessaire.
À prendre soin de soi avec autant d’attention que l’on prend soin des autres.

C’est ce nouvel équilibre qui permet au bateau de reprendre la mer avec davantage de sérénité.

Comment reconnaître que cela vous concerne ?

Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans plusieurs de ces situations.

  • Vous dormez davantage mais vous ne retrouvez pas votre énergie.
  • Vous culpabilisez lorsque vous vous reposez.
  • Vous avez peur de reprendre le travail.
  • Vous sentez que vous ne pourrez plus vivre comme avant.
  • Vous avez retrouvé un peu d’énergie, mais vous vous sentez toujours fragile.
  • Vous avez le sentiment que quelque chose a profondément changé en vous.

Si c’est le cas, rassurez-vous.Cela ne signifie pas que vous ne progressez pas.Cela signifie simplement que votre reconstruction est encore en cours.

Le premier petit pas

Lorsque l’on découvre que le repos ne suffit pas toujours à sortir d’un burnout, on peut avoir envie de tout comprendre et de tout changer rapidement. Pourtant, ce n’est probablement pas la première étape.

Lorsque notre système nerveux est encore en état d’alerte, notre énergie est mobilisée avant tout pour nous protéger. Dans cet état, il est souvent difficile de réfléchir sereinement, de prendre du recul ou de modifier des comportements installés depuis des années. C’est pourquoi, avant de chercher à tout transformer, je vous invite à faire quelque chose de beaucoup plus simple :

Aidez d’abord votre système nerveux à retrouver un peu de sécurité.

Pour aujourd’hui, cela peut simplement être de vous arrêter quelques instants. Posez une main sur votre poitrine ou sur votre ventre. Prenez trois respirations lentes, sans chercher à faire plus. À chaque expiration, dites-vous intérieurement :

« En cet instant, je suis en sécurité. »

ou

« Je peux m’autoriser à ralentir. »

Il ne s’agit pas d’un exercice magique. Il ne fera pas disparaître votre burnout. Mais il envoie un message important à votre corps :

« Tu n’as plus besoin d’être en alerte en permanence. »

La reconstruction commence souvent ici. En retrouvant, petit à petit, un sentiment de sécurité intérieure. C’est sur cette base que les changements plus profonds pourront ensuite s’installer durablement.

Le regard de Nathalie

Après mon premier burnout, j’ai été arrêtée plusieurs mois.
Petit à petit, mon corps retrouvait de l’énergie. J’étais moins fatiguée physiquement, je dormais mieux et, de l’extérieur, tout semblait indiquer que j’allais pouvoir reprendre mon travail.
Pourtant, au fond de moi, quelque chose m’en empêchait.
À la seule idée de retourner travailler, je sentais monter une angoisse immense. Mon corps se mettait en alerte, comme s’il cherchait à me protéger d’un danger.

À l’époque, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je me disais : « Pourtant, je me suis reposée… pourquoi est-ce que je n’y arrive toujours pas ? »
Avec le recul, j’ai compris que mon corps avait commencé à récupérer, mais que mon système nerveux, lui, était resté bloqué dans un état d’hypervigilance, comme après un traumatisme.
Aujourd’hui, je sais que ce que je vivais ressemblait à un véritable stress post-traumatique lié au burnout et au harcèlement moral que j’avais subi
Cette prise de conscience a été essentielle.

ll m’a permis de comprendre que le repos était une étape indispensable, mais qu’il ne suffisait pas à lui seul.

Avant de chercher à modifier mes comportements ou à reprendre ma vie comme avant, j’avais d’abord besoin d’aider mon système nerveux à retrouver un sentiment de sécurité.
C’est seulement ensuite que j’ai pu commencer à travailler sur tout ce qui m’avait progressivement conduite à l’épuisement : mon perfectionnisme, ma difficulté à poser des limites, ma tendance à me suradapter, mon besoin de sauver tout le monde tout le temps, mon besoin de toujours tenir, de toujours faire plaisir et de m’oublier moi-même.

Aujourd’hui, c’est dans cet ordre que j’accompagne les femmes que je reçois.

Parce que je suis profondément convaincue que l’on ne peut pas construire une nouvelle manière de vivre sur un système nerveux qui est encore en état d’alerte. Le premier pas est d’apaiser le corps et de retrouver suffisamment de sécurité intérieure.

C’est sur cette base que peut ensuite commencer une reconstruction durable.

Pour aller plus loin ...

Si vous vous êtes reconnue dans cet article, prenez simplement le temps de laisser ces réflexions faire leur chemin.

La reconstruction ne commence pas le jour où l’on fait tout parfaitement.

Elle commence souvent le jour où l’on comprend que l’on n’a plus envie de continuer à vivre contre soi-même.

Dans les prochains articles de cette bibliothèque, nous explorerons ensemble d’autres étapes de ce chemin, toujours avec douceur et à votre rythme.

👉 Lire l’article suivant : Pourquoi mon cerveau ne s’arrête-t-il jamais ?

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